La stratégie de Solutia passe par la qualité

Sébastien Joyeux, gérant de l’agence messine de Solutia, prône un développement raisonnable de son activité. Photo Anthony PICORE

L’ activité des services à la personne a été une opportunité pour moi de rebondir dans un travail. C’était fin 2008, après mon licenciement économique dans une entreprise de La Maxe. Et ce secteur-là m’a tout de suite intéressé. » Le Messin Sébastien Joyeux, biologiste de formation, s’est reconverti dans les services à la personne en reprenant l’agence du réseau Solutia de Metz en 2009.

Solutia est un réseau franchiseur qui réunit des capitaux français, allemand et suisse. Le siège français est à Ostheim, en Alsace. Il compte 90 agences dans le pays. Solutia propose une offre globale de services à domicile. De l’entretien, des travaux ménagers, du jardinage, le petit bricolage, la garde d’enfants, jusqu’à l’aide à la personne dépendante dans les actes quotidiens essentiels de leur vie. « Cela représente une trentaine de métiers », explique Sébastien.

sebastien joyeux

Appartenir à un réseau

Pour la plupart de ces professions, il faut juste une déclaration pour pouvoir travailler auprès de personnes non fragiles.

Un agrément « qualité » est indispensable pour intervenir auprès de personnes fragilisées. Il permet de travailler conjointement avec des institutionnels comme la Caisse d’allocations familiales, le conseil général de la Moselle, la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail Alsace-Moselle (Carsat), qui sont financeurs et demandeurs pour les personnes dépendantes. « Créée à Metz en 2008, la structure vivotait. J’ai racheté le fonds. C’est une Sarl que j’ai relancée. Il y avait 12 salariés. Aujourd’hui, nous sommes 49. Ce n’est plus une TPE, c’est déjà une PME », précise Sébastien Joyeux. Il a fait progresser le chiffre d’affaires mensuel qui atteint 60 000 €. En dépit des problèmes de recrutement, récurrent dans ce secteur d’activité, il a choisi de développer son offre en jouant la carte de la qualité. L’agence a obtenu la certification Iso, la 9001 (gestion et management), la 14001 (environnement) et la Qualicert, spécifique aux services à domicile et dont le cahier des charges est extrêmement contraignant.

Bien implanté en Moselle où il possède un portefeuille conséquent de 300 clients et bénéficiaires, le réseau Solutia compte s’implanter en Meurthe-et-Moselle sous la houlette de Sébastien Joyeux. Et intervient de plus en plus dans le secteur rural où une demande commence à émerger. Le gérant prône « un développement raisonnable. » Il vante le travail en réseau. « Appartenir à un réseau est un atout. Les entreprises qui travaillent seules dans leur coin sont bien plus vulnérables. Ce n’est pas difficile d’ouvrir une agence de services à la personne, c’est plus difficile de la pérenniser. »

Solutia est installé à la Tannerie

à Saint-Julien-lès-Metz. Renseignements sur www.solutia-domicile.com

Près de 10 000 emplois créés depuis 2005 en Lorraine

Le secteur d’activité des services à la personne a de beaux jours devant lui. Depuis le plan Borloo de 2005 il a connu un développement sans précédent en Lorraine en générant la création de près de 10 000 emplois.

C ’était une activité le plus souvent réservée à des structures associatives. Depuis le plan Borloo de 2005 qui l’a ouvert aux entreprises du secteur marchand, le développement a été considérable. On a vu la naissance de nouveaux métiers qui ont généré de nouveaux emplois. Et ce n’est pas fini ! » Philippe Didelot, directeur adjoint de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi de Lorraine) résume l’incroyable développement de l’activité des services à la personne, gisement d’emplois à nul autre pareil, en raison même des évolutions de notre société. Famille dont le couple travaille et vieillissement de la population ont créé de nouveaux besoins. Ce que Philippe Didelot appelle « ces activités de confort » telles le service informatique, le bricolage, le jardinage et bien d’autres plus surprenantes encore, comme la promenade des animaux domestiques, les soins esthétiques à domicile, etc.

Services à agrément

Une étude de la Direccte, plus de six ans après le plan Borloo, évoque l’explosion du nombre de structures passé de 132 avec 11 000 salariés en 2006 à 750 organismes et 18 000 salariés en 2011, soit la création de 8 000 emplois en équivalent temps plein, aujourd’hui plus proches des 10 000.

On identifie généralement les services à la personne à ceux destinés à des publics plus fragiles, les personnes âgées, les handicapés. Des activités qui nécessitent un agrément et sont l’apanage, à plus de 80 %, des associations. On connaît l’Amapa (Association d’aide aux personnes âgées) en Moselle, l’ADMR (Association du service à domicile) en Meurthe-et-Moselle, lesquelles travaillent en lien étroit avec les collectivités comme les conseils généraux. L’offre de services soumis à agrément se limite à sept activités différentes (lire par ailleurs).

Important turnover

L’Agence nationale des services à la personne (ANSP), que préside Laurent Hénart, l’ancien député de Meurthe-et-Moselle, recense tous les OSP, Organismes de services à la personne, agréés. Les autres activités ne sont soumises à titre facultatif qu’au régime déclaratif. Il s’agit, pour l’essentiel, des activités de confort, marché largement accaparé par les entreprises, souvent de petite taille, voire les auto-entrepreneurs.

L’explosion de l’offre a complètement émietté le secteur. 27 % des OSP déclarent être en réseau en 2011 contre 48 % en 2006. « L’enjeu est de structurer les nouveaux acteurs positionnés sur les activités non soumises à agrément. C’est important pour rendre l’offre plus visible. La création de gros réseaux de franchisés qui développent des petites entités dans chaque département est une solution. » L’étude met en avant les difficultés de recrutement de ce secteur. « L’aide à domicile reste une activité assez problématique. C’est un travail difficile qui demande de la qualification. Recruter pose problème », note Philippe Didelot. À preuve, le secteur connaît un fort taux d’absentéisme, en raison de sa pénibilité et d’une fréquence plus importante des maladies et accidents de travail. C’est surtout vrai dans l’exercice des activités relevant de l’agrément « qualité ». « L’effet est négatif pour recruter et génère un important turnover », assure l’étude de la Direccte. Cette dernière confirme, néanmoins, « des perspectives de développement importantes pour l’avenir avec un potentiel d’emploi et des opportunités d’embauche supplémentaires , car les ménages auront de plus en plus recours aux services domestiques » Toutefois, cela nécessitera, dans le même temps, une adaptation des besoins en formation et en compétences nouvelles. Qui dit développement et emploi suppose une réponse adaptée de la formation. Ce n’est pas nouveau.

Bernard KRATZ.

 

 

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